Salut à tous !
Notre exposition est fin prête, et elle sera visible dès le 23 septembre au centre agro-écologique des Amanins, dans la Drôme.
On vous encourage à y aller, car c’est aussi le week end Terre & Humanisme !
Nous serons présents sur le week end pour répondre à vos questions autour du voyage 😉
 
Un article paraîtra sur le site dès que l’exposition aura un peu tournée, histoire de la rendre visible au plus grand nombre !
 
Encore merci de nous avoir suivi, restez dans le coin pour suivre notre prochaine aventure …

26 juin 2017
12000 km ou peu s’en faut

(Internet en Ardèche c’est dur, alors les photos mettent plus de temps à arriver)

Et voilà ! C’est dans la poche ! Après 226 jours de périple, nous voici rentrés à notre point de départ. L’Ardèche a gagné quelques degrés depuis notre départ mais la maison des Le Divellec/Rosset-Boulon est toujours là !

Mais reprenons là où nous vous avions laissés.

Nous quittons Domancy pour une longue journée, un peu trop longue et un peu trop chaude, avec pour destination la ferme de la Goet, à la Serraz, un peu au-dessus de Chambéry.

Chez Jeff et Nath (l’oncle et la tante de Marin) pas question de se reposer ! Ces joyeux lurons, un poil hyperactifs, cumulent de nombreux passe-temps : un travail, un jardin et une serre bien remplis et surtout un festival maison ! Un sacré événement qui rassemble près de 500 personnes autour de bons groupes de musique locaux, d’une bière du pays et de sandwichs et crêpes faits maison. (A oui, et ils sont aussi membres d’Accueil Paysan, qui promeut un tourisme équitable, engagé pour la préservation de l’agriculture paysanne et la protection et le respect de notre environnement)

Il faut préparer tout ça puis aider au bon déroulement de la chose, alors nos quatre petites paires de bras en mal d’activité se sont proposées. Une belle surprise nous attend puisqu’au détour d’une cuisson de pains nous avons le plaisir de retrouver Joël et Lucie, nos tout premiers hôtes via WarmShower !

Le résultat est vraiment agréable, sauf lorsqu’il faut repartir le lendemain de la fête, direction Saint-Agnés, chez Marthe, la grand-mère des deux Le Divellec. Félicitations à JP, papa de Marin et cycliste sur le tard, pour nous avoir suivi.  La côte est rude, très chaude, mais l’accueil et le repas du soir, suivis d’une bonne nuit de repos, ont fait du bien !

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Nous sommes rentrés dans une région connue, cela ne fait aucun doute puisque nous enchainons les pauses. La pause suivante se fait chez Marion et Yvan. La soeur de Marin et son copain s’installent en effet sur un charmant petit terrain dans le Triève : permaculture et Qi Qong sont au programme, ce petit projet sera suivi avec intérêt par les membres du Coup de Pédale.

De belles montagnes, cols et gorges nous séparent de Die, mais le trajet se passe sans encombre puisque nous nous attablons le midi suivant avec le reste de la famille de Marin (oui oui c’est bon on a fait le tour maintenant on connait tout le monde !) pour un délicieux repas chez ses grand-parents. C’est l’occasion pour nous de retrouver Pascale, que nous avions vue à Fribourg ! Les discussions vont bon train et sont l’occasion pour nous de parler des Accorderies, que les grand-parents de Marin fréquentent. Il s’agit d’une plateforme de partage de compétences, diverses et variées, de façon locale, indexée sur le temps. Nous découvrons aussi une magnifique maison passive, couplée à une véranda/serre dont la gestion (ouverte/fermée) en fonction de la saison et de l’heure permet de n’utiliser qu’un petit poêle à bois comme appoint. Le repas de midi comprend aussi de délicieuses courgettes cuites au four solaire, et c’est un régal !

Je ne m’étendrai pas sur notre halte aux Amanins puisqu’un article est en cours d’écriture, mais sachez tout de même que le séjour fut très agréable et riche en belles rencontres.

Il ne nous reste plus que la vallée du Rhône à remonter, une nuit à passer au bord d’un petit lac, l’occasion pour Mona de croiser par hasard un ami à elle à la terrasse d’un café (un grand merci à Geoffrey pour ce moment !), puis les coteaux sont là, devant nous. Une montée à la fraiche pour une arrivée aux alentours de midi, et la boucle est bouclée !

Près de 12000 bornes après le début de l’aventure, il est temps de raccrocher selles et pédales !

Mais ne nous jetez pas aux archives, car nous vous préparons une belle exposition ! Les informations vous seront délivrées dès la moindre avancée.

Encore merci de nous avoir suivis et encouragés pendant ces huit mois, nous espérons que vous avez apprécié le voyage !

Un grand merci également à nos proches et notamment à nos parents, qui nous soutiennent depuis le début et qui n’ont pas eu peur de gérer quatre ventres sur roues pour des périodes plus ou moins longues.

Bonne route !


12 juin 2017
11347 km

La halte de Fribourg fut plus que ressourçante. Après les lacs et quelques montées dans la forêt noir, nous étions contents de pouvoir nous reposer un peu chez Pascale et Simon, la tante et le cousin de Marin.

Leur plus-que-chaleureux accueil  et nombreux conseils nous ont permis un formidable pied à terre afin de se laisser imprégner par la ville , regorgeant d’initiatives et projets associatifs, parfaite pour notre quête des alternatives vertes. Mais c’est plutôt en leur compagnie que nous avons apprécié notre temps passé là-bas. Les délicieux gâteaux de Pascale et les milk-shakes aux graines de Simon nous ont tous étonné. Leurs connaissances sur une nutrition saine et végétarienne nous ont convaincus une fois de plus sur le lien entre notre assiette et le choix de vivre dans une société plus juste, respectueuse de la terre et des hommes qui la cultive. 

 

A Fribourg, la vie citadine permet un fourmillement d’autres projets, atteignable sous d’autres formes que dans les coins reculés des campagnes. La vitesse des déplacements engendre la rapidité des échanges et permet plus facilement de tisser des liens. Les boîtes à nourritures ou « FoodSharing » sont éparpillées dans la villes et permettent à n’importe qui d’aller se servir. Parfois il y a même des habits ou des objets mais le principe premier reste le comestible. Il y a ceux qui vont récupérer la nourriture gaspillée ou donnée par des commerçants qui la jettent et puis il y a ceux qui la partagent, comme « les incroyables comestibles » français.

« Le mouvement Incredible Edible est un mouvement participatif citoyen libre,  indépendant, éthique, solidaire et apolitique au sens partisan du terme. Il est non marchand et sans but lucratif, et s’inscrit dans une démarche de gratuité. Il est mondial et autonome. Il vise l’auto-suffisance alimentaire des territoires et la nourriture saine et partagée pour tous. »

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Nous nous baladons à Vauban, un quartier où le pouvoir est au peuple. Il y a quelques années des familles ont décidé d’acheter un quartier et aujourd’hui d’autres quartiers se sont formés autour avec chacun ses variantes. Dans certaines rues la nature grimpe de partout, dans d’autres elle reste entre les jardins. Plus ou moins partagés, les espaces de vie communes deviennent des laboratoires d’expérimentation de « vivre-ensemble ».  Simon nous parle de coopérative, d’ateliers de vélo, de jardins associatifs et de nombreux autres projets intéressants. C’est peut-être aussi la saison, mais nous sommes étonnés par le nombre de cyclistes dans la ville et surtout de tout ces enfants et bébés transportés dans les petites carrioles à l’arrière des vélos.

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Un peu plus loin, nous visitons un jardin école, appartenant à un centre de formation et d’activités dans la nature, perdu au milieu d’un parc, accessible à tous. Le petit centre a même une bibliothèque accessible à tous, des livres à partager et un four à pain qui sert une fois par mois où tout le monde peut venir faire cuire son pain. A lire: article de Reporterre sur l’éducation à l’environnement, un autre article de MrMondialisation sur les écoles dans la nature et surtout un super article de Reporterre sur un projet de jardins partagés juste à côté de chez nous. Toujours en petit plus le tour de France des alternatives pour ce qu’il se passe chez nous.

Plongés dans ce micro-monde, nous nous sommes aussi envolés plus loin au travers des histoires de Pascale et de son association qui, par un vrai fil, tisse aussi un lien entre les femmes d’ici et celles de villages d’Afghanistan. Revendant en Europe des carrés de tissus confectionnés à la main, l’association permet aux femmes afghanes de vivre de leur savoir faire et surtout de leur donner une place et un travail valorisant leur connaissances. Plusieurs projets et expositions de pièces tissées par des femmes européennes, intégrants les carrés de tissus afghans, ont permit de relier ces femmes vivant d’un bout à l’autre du monde. Pascale investit tout son temps afin d’orchestrer ce joli canevas, organiser les expositions, préparer les envois des tissus avec d’autres bénévoles et part souvent faire des allers-retours en Afghanistan.

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Cette petite parenthèse dans notre découverte de l’Europe au compte goutte a ouvert une autre fenêtre entre l’ici et là-bas. Encore une fois, la terre est bien ronde, nous sommes peut-être tous l’étranger de quelqu’un d’autre et pourtant nous sommes reliés par les racines d’une même terre.

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Les kilomètres continuent, après ces quelques jours nous repartons direction la FRANCE ! Oh oui ça fait quand même plaisir de se retrouver chez soi ou chez nous. Comme dirait le célèbre poète et artiste libanais Khalil Gibran; « si vous vous asseyiez sur un nuage vous ne verriez pas la frontière entre un pays et un autre ».

Tout parait être mieux d’un coup, normal, nous sommes bien français. Nous décidons de passer par le parc régional des Vosges. On se retrouve sur des chemins de terre forestiers qui montent et continuent de monter. Quelques sentiers plus ou moins étroits, parfois des cailloux, de l’eau ou des près avec des vaches. Bon voilà on s’est bien amusés alors on revient en pays civilisé jusqu’à Belfort afin de récupérer le cousin de Marin à la gare. Florian restera (toutes mes félicitations) pédaler avec nous quelques jours.

C’est donc vers des jours heureux, avec une nouvelle compagnie (et un nouveau cobaye) que nous partons sur les routes du Jura. Comme dans les bons souvenirs, ça monte et ça descend, on entend les cloches des vaches mais on ne les voit pas bien sûr car elles sont masquées par le fantastique temps pluvieux et nuageux du Jura !Nous repassons en Suisse et trouvons de sympathiques spot à camping sauvages entre les arbres des belles forêts verdoyantes.

Une rencontre inattendue arrive un soir, avec un couple venu se promener pas loin de notre campement. La discussion s’allonge et nous en venons à parler d’un livre ; « Je t’accuse ma Suisse », racontant l’histoire de cet homme qui me parle, Philippe Frioud. Après avoir passé 15 ans entre des foyers et la prison, des années plus tard, il décide raconter son histoire, celle d’un homme accusé pour rien comme 20.000 autres suisses (issus pour la plupart de familles pauvres) afin de justifier les actes d’une administration Suisse corrompue et fasciste.  La place ambiguë qu’occupait les hommes de cette même administration pendant la seconde guerre mondiale est toujours nié ou pire a sombré dans l’oubli. Marie de Cœur, la femme de Philippe et éditrice de ce même livre, parle souvent pour lui car les mots s’emportent, ses histoires sont dures et incroyables.

Les jours suivant nous pédalons entre les averses et les nuages. Pour combler le test parfait avec Florian, le GPS dérive une fois de plus sur les chemins forestiers et The big day arrive. Nous passons une matinée à pousser les vélos dans les pires pentes du voyage et nous devons cette fois faire des pauses tout les dix mètres et nous mettre à trois pour réussir à déplacer nos vélos tellement la pente est ardue. Heureusement, ce même jour nous sommes sympathiquement accueillis par un ami de la sœur d’Elise, douche chaude et goûter pour se remettre sur pieds.

Après cette joyeuse pause, nous longeons le lac Léman sous un grand ciel bleu et testons la double crème sur meringue (oui) de Florian avant de repasser la frontière. Un joli dénivelé de 1000 mètres et une montée sous le soleil me casse un peu mais l’arrivée en Haute-Savoie dans la famille d’Elise me donne de la force pour finir les derniers kilomètres avant Domancy. Merveille des merveilles, peut-être vous rappelez-vous du Graal mentionné lors de notre arrivée à Lisbonne lorsque nous avions retrouvé la famille Blandin. Et bien, une fois de plus, nous sommes accueillis avec la farandole des desserts et passons un weekend haut en couleur (et hauteur) à grimper sur les falaises savoyardes grâce au meilleur guide de grande voie, Thierry Blandin !

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Enfin, aujourd’hui même, a été déclaré, à ce jour même, jour de RIEN. Voilà donc quelque chose de précieux qui me permet de transmettre nos aventures, le temps. A prendre sans modération.

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Pour ceux qui sentent notre périple se finir et qui veulent continuer à voyager sans pour autant devoir pédaler, nous avons rencontré ces quatre jeunes français qui partent à l’aventure pendant trois ans autour du monde …  La terre vue d’une selle !

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29 mai 2017
10748 km

Dans le précèdent carnet de bord, nous vous avons parlé de Klagenfurt, mais quelques photos manquent à l’appel : les voilà !

Après avoir quitté nos hôtes autrichiens, nous partons à la découverte de l’Autriche. C’est un pays vraiment grand, vert, riche, dote de petites collines et de grandes montagnes. Très bien aménagé pour les vélos la circulation y est agréable, même si les pistes cyclables tiennent parfois absolument à éviter les grosses routes et visiter tous les villages de la valle, quitte à passer par de sacrées pentes ! Autre chose, les autrichiens ayant des sous, ils ont beaucoup de vélos à assistance électrique. C’est parfois un poil décourageant !

L’Autriche sera d’abord pour nous de beaux lacs arrosés de quelques pluies, puis de longues vallées qui montent en direction des Alpes. Car la route tracée par Christian nous fait passer juste sous le Großglockner. Avec ses 3800m il surplombe un beau glacier qui le sépare de la route tortueuse que nous avons empruntée. Payante pour les voitures, cette route se révèle être magnifique et très agréable, bien que très pentue.

Après la montée et quelques photos victorieuses, c’est l’heure de la descente ! Les freins ont bien chauffé mais grâce à eux toute l’équipe s’est retrouvée sur une aire de jeux (ces pays-là ont des jeux bien plus sympa qu’en France soit dit en passant) pourvue d’une sorte de trampoline sur lequel Marin s’est livre a de belles acrobaties, rapidement rejoint par ses trois compères.

Notre route nous mène ensuite chez Ernst et Myriam, un workaway où nous ne passerons qu’une seule nuit. Un article sera cependant bientôt là pour vous en parler plus en détails.

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Petit aparté pour vous mentionner une nuit particulièrement drôle puisque passée non loin de l’aéroport d’Innsbruck : un avion au décollage, c’est bruyant et ça fait vibrer le sol !

Quelques cotes plus tard, nous sortons des alpes et, juste avant de quitter l’Autriche, le groupe se scinde. Rassurez-vous tout va bien, il s’agit juste de prendre un peu de temps au calme, de se reposer pour mieux repartir.

Elise et Tom vont donc à Göfis, où ils rejoignent Arnaud, un ancien camarade de classe d’Elise. Ce dernier fait un service volontaire européen dans une ferme où travaillent des handicapés. Mais cette jolie rencontre donnera également lieu à un petit article, pas question donc de s’étendre outre mesure. Pendant ce temps Mona et Marin se sont reposes en écumant les lacs de la région, rencontrant ce faisant une équipe de quatre cyclistes français (et oui, encore !) ayant tout plaque pour faire le tour du monde à vélo.

 

La « pause », comme nous l’appelons, est brève et nous nous retrouvons vite au bord du Schluchsee, un beau lac un peu trop touristique de la Forêt Noire.

Et nous sommes à présent à Fribourg-en-Brisgau où nous posons chez Pascale et Simon, la tante et le cousin de Marin. Mais puisque notre séjour parmi eux n’est pas encore terminé, vous devrez attendre le carnet de bord suivant pour en savoir plus !

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13 mai 2017
9904 km

Un nouveau journal de bord pour un nouveau pays : nous voilà arrivés en Autriche ! Ce journal sera un peu particulier car ecrit avec un ordinateur anglais dote dun clavier allemand [corrigé !]. À vous donc de corriger lors de votre lecture, nous rectifierons cela dès que nous en aurons à la fois le temps et les moyens…

Des petites imprécisions de distance survenues dans le précédent carnet appellent à une mise a jour !

Nous avons donc quitté la Bosnie et ses accueillants habitants pour rejoindre la côte croate, beaucoup plus touristique. Des falaises vertigineuses nous surprennent de leur beauté dès le premier jour dans le pays.

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En Croatie nous croisons quelques cyclotouristes : un couple de jeune suédois partant pour un tour du monde, deux australiens à la retraite voyageant en vélos électriques après avoir construit leur propre voilier dans leur jeunesse et fait le tour du monde à son bord, deux francais qui filaient comme le vent et nous ont bien fait rire durant notre brève rencontre a l’abris de la pluie.

La Croatie change énormément lorsque l’on passe de la côte à l’intérieur des terres : les grandes routes au trafic dense se muent en routes de campagne parfois un peu cabossées et les barres d’immeubles des stations balnéaires laissent place à d’innombrables maisons en ruines ou inoccupées dont certaines portent encore les traces de la guerre qui a marqué toute l’ex Yougoslavie. Certaines nous ont d’ailleurs hébergés lorsque le mauvais temps a pointé son nez.

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Malgré une pluie trop présente à notre goût pour ce mois de Mai nous découvrons avec émerveillement de magnifiques paysages.

Nous rencontrons une nouvelle fois Maël et Caro, passant avec plaisir quelques jours au bord d’un lac, profitant du Soleil pour recharger nos batteries mentales et reposer nos corps fatigués.

Sur leurs conseils nous mettons le cap sur le lac de Plitvitce, magnifique mais touristique. Seul Marin parviendra à s’y infiltrer. Le reste de l’équipe se satisfiera de quelques vues grapillées plus tard sur la route.

La Croatie marque aussi la perte d’un compagnon de route, ou plutot d’une compagne. Notre petite chèvre, au cours d’une série de photos dont on ne peut qu’apprécier l’inutilité et la bêtise, est tombée dans les ténèbres. Puisse le responsable être hanté à jamais par les remors.

En Croatie, trouver de l’alcool à brûler pour nos brûleurs se fait dur et nous devons improviser : attention aux yeux, voici le Rocket Stove en action !

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C’est dans un décor forestier que notre belle équipe franchit la frontière slovène.

Nous mettons aussitôt nos roues sur de magnifiques chemins de terre en sous bois qui nous mènent jusqu’à la maison de nos hôtes, un couple de charmants slovènes vivant avec Brina, leur jeune fille.

Une belle rencontre, quelques gouttes et de nombreux récits de voyage plus tard, nous reprenons la route et prenons la direction des montagnes.

Toujours plus sauvage, Tom s’essaie au tir a l’arc, avec un arc fait maison.

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On se dirige vers les Alpes et cela se fait sentir. Sous un temps déplorable nous enchainons quelques belles côtes au cours desquelles nous faisons une petite pause pizza et nous rencontrons quatre cyclistes francais partis depuis deux mois pour un tour du monde sur trois ans. Nous passons une journée en leur compagnie et, après avoir promis de suivre leurs aventures dès notre retour en France, nous franchissons une nouvelle frontière. Notre passage en Slovénie aura été bref, mais il nous a laissé à tous de belles images. Ce petit pays très faiblement peuplé a peu d’habitants et beaucoup de forêts. Le résultat est un ensemble de paysages vraiment beaux où il fait bon vivre et pédaler !

Une dure montée nous permet de passer, encore sous la pluie, en Autriche. Nous y retrouvons le Soleil, ainsi que Daniela et Christian, nos hôtes pour deux nuits confortables (Les photos de nos hôtes viendront dès le prochain carnet de bord) ! Nous découvrons une ville agréable et bien rangée : Klagenfurt.

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Un nouveau dialecte innonde les rues, et Tom va devoir retrouver ses rudiments d’allemand pour guider l’équipe dans le pays. Après deux jours de confort, de délicieuse cuisine et de belles histoires de voyage, il est temps de décoler à nouveau, en suivant le chemin gentillement tracé par Christian pour que nous empruntions les plus belles routes possibles. Alpes, nous voilà !

 

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3 mai 2017
9392 km

Après plusieurs semaines, voir plusieurs mois de fromages assez peu goûteux (on mettra de côté la fêta) , nous avons le bonheur de vous annoncer que nous avons (presque) retrouvé les Alpes et ses fromages plus variés ! Ça fait plaisir.

Depuis la Serbie, nous avons continué notre bout de chemin à travers les Balkans, tout d’abord en direction de Mokra Gora, le village d’Emir Kusturica. Sur la route, nous sommes surpris par la pluie … et par l’invitation d’un ami de Milos, croisé une dizaine de jours auparavant à ce fameux repas de pêcheur !

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On se fait même offrir les œufs de pâques peints qui sont la tradition dans les Balkans, le challenge étant de ne pas finir avec les mains pleines de peinture.

Le village d’Emir est payant cher, du coup on le zap ! Mais les plus belles maisons en bois sont visibles, et on arrive de toute façon bien vite à la frontière Bosniaque.

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Ché pas trop où c’est (certainement en Bosnie)

Ah ! La Bosnie. Parlons en un peu plus en détail, parce que vraiment, ça vaut le coup.
On arrive par l’est et on tombe sur des paysages sauvages, avec des petites routes et des petits villages : tout ce qu’on aime. Et lors de notre première nuit, on se fait délicatement réveiller par la neige qui, en tombant du ciel (étonnant non ?), est venue affaisser nos tentes. On est un peu surpris, mais les paysages n’en sont que plus beaux ! Et quand il neige, ça veut dire qu’il ne fait pas si froid si ?

On continue sans trop de problèmes : les routes sont dégagées, il fait gris mais les paysages nous font garder le moral. Les prévisions météos donnent encore de la neige mais nos prévisions à nous donnent une arrivée à Sarajevo dans la soirée, après une journée entière à se battre contre les flocons et le vent (de face, évidemment), sur plus de cent kilomètres. Bah c’est nous qu’on gagne : et voilà les photos de Sarajevo !

Nous passons deux jours dans cette capitale d’une taille qui nous paraît bien plus humaine que les autres que l’on a pu voir : on s’y déplace facilement en vélo et pourtant, il y a tout ce qu’il faut (et notamment une échoppe à donuts).

Nous reprenons la route en abandonnant la neige, et on descend sur Mostar, dont le centre ville est effectivement très mignon. Ceci dit, nous préférons le lac où nous nous faisons offrir des bonbons par des jeunes Bosniaques en échange d’un tour de vélo.

Le coin qui arrive après nous plaît encore plus : Krucike, une cascade avec une eau translucide, nous tend ses bras. On y passe une après midi, profitant du soleil pour apprécier la fraîcheur de l’eau.

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En cherchant un coin pour camper, on croise Adis, qui nous propose sa maison dans laquelle il organise des concerts et autres soirées l’été, lorsque la rivière devient intéressante pour rafraîchir l’atmosphère. Son coin est magnifique : c’est lui qui l’a rénové durant huit ans, passant d’un moulin en ruines à ce petit paradis.

Mais bien qu’étant magnifique, la Bosnie n’est pas grande et nous en sortons déjà. Le prochain journal de bord se passera en Croatie !

 D’ici là, vous pouvez profitez des dessins de Mona, dont l’œil s’affine de jour en jour …

15 avril 2017
8478 km

Un grand Zdravo de Serbie ! Deux frontières plus tard nous nous décidons à donner quelques nouvelles, mais reprenons où nous nous étions arrêtés.

Notre sandwich Grec avalé nous prenons la direction de deux lacs au nord de la Grèce à la frontière avec la Macédoine. Après notre crevaison habituelle et part delà les collines verdoyantes se dessine le lac de Mouriès. La nuit y est agitée, pêcheurs nocturnes et autres bateaux défilent près de notre campement. Le lendemain nous repartons : direction le lac Kerkini. Nous devons y  retrouver Caroline et Maël. Dès le matin nous entendons au loin les chants des Eglises orthodoxes. En nous rapprochant nous réalisons que  c’est aujourd’hui le jour national Grec. Dans chaque village des défilés d’enfants en tenues traditionnelles sont organisés. Avec le plus grand sérieux ils entament une marche presque militaire au rythme des tambours sous les applaudissements des habitants, et de nous même.

En début d’après midi nous arrivons au lac et retrouvons nos deux amis français. C’est l’anniversaire de Maël, une bonne occasion de jouer à des jeux de société toute la journée ! S’en suit une soirée autour du feu très sympa qui nous donne envie de rester un jour de plus.

C’est sous la pluie que nous nous séparons de Maël et Caroline, que nous recroiserons peut-être sur la route, qui sait. Aujourd’hui objectif Bulgarie. Sur la route rien d’inhabituel, nous slalomons autour des autoroutes pour les éviter, sauvons une chèvre à l’agonie (ou presque), et faisons la queue avec nos amis les camions à la frontière.

Nous ne passerons que quelques jours en Bulgarie mais ce pays ne nous laissera pas indifférents. Tout n’est que calme et campagne. Nous traversons des villages qui nous paraissent dater d’une lointaine époque. Les vieilles bâtisses sont incroyables même si pour beaucoup, délabrées. Chaque maison possède sa petite vigne et son jardin.

Une première en 5 mois, nous nous faisons presque déloger de notre campement un des derniers soirs en Bulgarie après nous être installés sur un lac apparemment privé. Le gardien nous laisse finalement gentillement rester jusqu’au matin.

Notre séjour en Bulgarie se termine par les magnifiques gorges d’Erma dans lesquelles nous voyons la première d’une longue série de salamandres. Nous passons la frontière bulgaro-serbe dans l’après midi.

Une montée, une descente, et la Serbie nous offre un premier paysage d’exception : un lac immense, entouré de sapins et bordé d’un parterre d’herbes séchées dorées. Le tout à près de 1500 mètres d’altitude, niché dans les montagnes et illuminé par un soleil couchant flamboyant. Il nous n’en faut pas plus, nous restons deux jours ! Elise en profite pour se perfectionner au Go et battre Marin à plat de couture (Copyright d’Elise pour cette expression).

Redescendus en plaine, nous faisons une joyeuse rencontre. Deux blonds au yeux bleus nous interpellent à vélo : « Hey guys, where are you from? ». C’est Geart et Sytske, un couple de hollandais avec lesquels nous sympathisons immédiatement. Partis des Pays-Bas ils ont traversé l’Asie jusqu’à Singapour et nous les croisons sur leur chemin de retour.  Ils seront nos compagnons de route pendant les 3 jours suivants et nous comptent leurs fantastiques aventures à vélo en 3 ans. Nous en profitons aussi pour comparer un à un tout notre équipement, matelas, réchauds, nourriture, tentes, tout y passe !

A leurs côtés nous découvrons aussi les serbes qui se démarquent par leur accueil plus que chaleureux. Nous devons refuser les invitations à boire un coup plusieurs fois par jours pour pouvoir rouler un peu.

Le jour 148 de notre voyage, dont la date m’échappe, restera à jamais gravé dans nos mémoires. Nous avons survécu de justesse à une montée aussi périlleuse qu’escarpée, par un froid glacial qui nous saisi l’âme . Je ne crois pas me tromper en affirmant que la pente approchait les 90°.

Nous arrivons finalement sains et saufs à Davodja Varos, la ville du diable, où se dressent devant nous des pics orangés  formés par l’érosion d’une roche par les pluies acides.

Deux jours plus tard nous nous séparons avec regret de nos amis hollandais qui poursuivent leur route au nord tandis que nous bifurquons à l’ouest pour nous rendre au prochain Workaway.

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Nouveau Workaway, nouvel univers. Milos nous accueille chez lui avec le traditionnel verre de Rakia, l’alcool de prune qu’il produit lui même.

En quelques minutes nous nous retrouvons plongés dans la Serbie traditionnelle, celle qui cuisine sur un feu de bois tous les jours, qui prend le temps de converser avec ses voisins et de cultiver son jardin.  Je n’en dis pas plus, un article est en cours !

Nous quittons Milos avec l’impression d’avoir appris énormément tant sur la culture et l’histoire de la Serbie que sur les méthodes traditionnelles d’écoconstruction et jardinage.

A peine partis, nous voici déjà en route pour un second Workaway, en Serbie là encore.  En chemin nous nous arrêtons chez des habitants qui nous hèlent au bord de la route. Après un petit Rakia nous parlons un italien parfait qui nous permet de communiquer avec une Serbe qui parle cette langue. Marin apprécie particulièrement cet alcool local et accepte avec joie les invitations de notre hôte à se resservir.

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Le soir nous commençons à installer notre campement au bord d’un lac jonché d’ordure en pestant contre l’indifférence des pêcheurs vis-vis de leur environnement. Au lieu de dénoncer nous décidons d’agir et ramassons les ordures. Nous sommes bientôt imité par un pêcheur qui nous offre ensuite du café.

Le matin suivant nous arrivons au petit coin de paradis dans lequel nous avons passé ces derniers jours. Marjan y a créé un éco camp perdu dans la nature tout proche d’un court d’eau et d’une grotte incroyable qui nous décide à commencer la spéléo dès notre retour! Nous y rencontrons aussi Nenad, un passionné de pyramides et une autre famille serbe venue profiter de la sérénité du camp. Je vous laisse profiter des photos en attendant notre article sur ce lieu incroyable.


24 mars 2017
7489 km

Changement de cap ! Nous vous écrivons depuis un giros Grec animé, le ventre bien rempli.
Nous avons bien avancé depuis Athènes, surtout en tenant compte de la pause pluvieuse effectuée avec Costas et Raphaël, dont nous vous parlerons plus dans un article à venir, comme d’habitude.
La côte grecque sous Athènes est plutôt jolie, bien que pas très sauvage : nous avons passé la nuit après la capitale près d’un monument commémoratif, seul endroit boisé que nous avons pu trouver.

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Le seul coin camping boisé proche d’Athènes !

Nous arrivons donc dans la petite ville de Lagonisi le lendemain, et nous sommes hélés depuis un champ proche de la route … C’est Costas, Dimitris et Raphael qui nous ont reconnu et qui nous évitent d’avoir à chercher l’adresse exacte de ce nouveau workaway trop longtemps.

On passe la fin d’après midi à parler de la région, de ce que ces trois jeunes Grecs essaient d’accomplir sur ce terrain, et finalement à travailler un peu dans le jardin … Avant de rapidement passer au repas du « soir ». Le rythme sera en effet un peu particulier ici, puisque le travail commencera à 11h après un copieux petit déjeuner (du pain au sésame, du Tahini, des céréales, des fruits …) et finira avec un repas préparé par la talentueuse maman de Costas aux alentours de 16h.

La pluie arrive vite, et nous sommes content d’avoir un toit en dur et de ne pas travailler trempés. Le dernier jour, le soleil revient et nous pouvons travailler tous ensemble au jardin, entre désherbage, ratissage, et séance photos de coccinelles (pour certains).

Nous disons bientôt au revoir à nos hôtes Grecs, les poches pleines de barres au sésame et de conseils sur l’itinéraire à prendre.

Nous continuons à descendre le long de la côte, jusqu’au temple de Poséidon, que nous pouvons observer depuis l’extérieur du site puisque nous ne sommes plus étudiant … et que personne n’est vraiment convaincu de l’importance d’aller voir les ruines de plus près ! Pour compenser, nous écoutons Tom nous parler des dieux grecs et de leurs histoires un peu tordues, il faut bien l’avouer.

Sur la route, nous avons également l’occasion de manger dans un antique théâtre, donc pas de regrets !

Nous arrivons à Meltimi en début d’après midi, et nous sommes accueillis par Marilena et Andrew, qui font parti d’une communauté un peu spéciale qui a fêté ses 75 ans il y a peu.

Ils nous font visiter les lieux et découvrir une autre façon de vivre ensemble, moins utopique à notre goût mais qui a l’intérêt d’être fonctionnelle ! Plus de détails dans l’article sur ce lieu, dont le nom est celui de ce vent du nord qui souffle constamment sur cette partie de la Grèce.

Nous ne restons qu’une nuit, puis direction l’Eubée ! C’est l’île qui jouxte le continent, juste à l’est d’Athènes. Elle est un peu plus sauvage que le continent, mais reste bien desservie par de grosses routes sur lesquelles roulent de gros camions…

On a quand même l’occasion de voir de bien beaux paysages, et surtout de se baigner dans les sources chaudes d’Edipsos, les pieds face à la mer !

Un petit ferry et nous voilà de nouveau sur le continent. C’est maintenant au Thermopiles que nous ferons un petit arrêt, juste le temps de découvrir l’eau limpide et brûlante de souffre des sources et de faire connaissance avec Caroline et Maël, deux jeunes qui font aussi un tour de l’Europe dans leur van aménagé.

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On a même le temps de faire une partie de Citadelle ensemble avant d’aller se perdre (littéralement) dans un « parc naturel » non loin. Nous trouvons tout de même un endroit où poser notre tente !

Nous continuons notre remontée vers le nord, et décidons de passer voir les Météores … Et heureusement pour nous mirettes !

Puis nous traçons à travers les montagnes, au dessus de Meteora … On se fait offrir une part de lasagne délicieuse au sommet d’un col, par une mamie qui nous la tend simplement sans un mot, puis on croise encore d’autres formations rocheuses impressionnantes et des cours d’eau qui donnent envie.

Bientôt, le mont Olympe apparaît et nous rappelle les régions qu’on aime !

Au niveau de l’itinéraire, nous avons décidé de laisser tomber le delta du Danube pour mieux profiter de l’intérieur de la Bulgarie et de la Roumanie, et aussi pour pouvoir boucler notre tour sans tricher à nouveau avec un bus ou un train !

Le soleil semble ne pas vouloir repartir, ce qui nous va bien et va certainement nous permettre de piquer une tête dans un lac ce soir … A la prochaine !


5 mars 2017
6615 km

Merci à Tom de scriber les journées sur son petit carnet, autrement la tâche serait ardue pour remonter le cours du temps.

Après ce petit saut de la mer adriatique entre Bari; à l’Est de l’Italie, et Durres; au nord de l’Albanie, nous continuons de descendre en longeant la côte Albanaise. Le changement d’ambiance se fait sentir. Les bruits, les odeurs, la langue, les regards, et même la monnaie, changent de teintes. Nous sommes intrigués et étonnés par ce petit pays tout au long de notre traversée. La gentillesse et les regards curieux sur le bord de la route, les sentiers de terre et de trous qui nous emmènent dans quelques jolies réserves naturelles; débouchent au milieu de villages aux rues animées ou grimpent sur les montagnes verdoyantes (un magnifique col en une matinée de 1050m de dénivelé!)… Nous rappelant la Tunisie, l’Albanie a des aires de bazar animé; en suspension dans le temps, un mélange de cultures et surtout des traces d’un passé récent mouvementé. Les chèvres nous accompagnent au milieu des chemins, et parfois les chiens errants, des choses pas toujours jolies laissées à droite à gauche, des sourires, des enfants aux yeux ronds, les bonnes pâtisseries (qu’on ne peut refuser quand on nous les offre!), l’aide spontanée lorsqu’on demande où l’on peut trouver de l’eau…

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Nous faisons une petite pause d’une journée, descendant quelques kilomètres sur un chemin de terre escarpé, pour se retrouver au creu d’un canyon ouvert sur des terrasses vertes et une paradisiaque plage de sable fin: the spot; seulement occupé par les bergers du coin en hiver. C’est ici que nous en profitons pour se laver vraiment et faire notre lessive (parfois ça nous arrive) dans les petites vasques d’eau claire, naturellement formées par la roche du canyon asséché. Petit feu de bois, coucher du soleil, farniente; tout ce qu’il faut après cette dernière semaine bien active.

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Pour la suite, la route monte et redescend jusqu’à la frontière grecque et continue de monter et descendre une fois la frontière passée. Nous entrons en contact avec la feta puis, un peu plus tard, avec Pavlos; lorsque que nous décidons de goûter quelques spécialités. Il nous met aussitôt en relation  avec Périclès, qui nous avait aperçu jouant aux cartes en attendant les aubergines grillées. Périclès nous invite chez lui; prépare des lits, nous montre la machine à laver, le frigo, va chercher du bois pour faire un feu de cheminée. Je vous laisse imaginer notre tête. Elle est encore plus ébahie lorsque nous découvrons la table du petit déjeuner, préparée à 6h du matin par notre hôte . Oeufs à la poêle, salade de betterave, choux effiné à l’huile d’olive du village, jus d’oranges du jardin; bref du lourd. La route reprend de vive allure; une piqûre d’abeille, quelques crevaisons, un peu de pluie, mais aussi les criques à l’eau translucide, les cerfs-volants du premier jour du carême, une rencontre du bords de route avec un cyclotouriste endurci qui nous conseil les bons coins… et le soleil, à notre grand bonheur.

Nous continuons d’avancer en direction d’Athènes. La côte change de relief après Itea, laissant les plages pour monter un peu dans les hauteurs enneigées (la température descend, mais pas de route dans la neige pour nous). Après une bonne côte, en compagnie d’un cycliste du bled d’en haut, nous tombons nez à nez avec quatre autres cyclotouristes français en train de cuisiner leur repas du soir au réchaud hand-made (canette percée). Chouette moment d’échange sur nos périples respectifs et curiosité face à leur jolis vélos montés de toutes pièces; jusqu’à la boîte de feta fixée sur le guidon par des serflex. Cette nuit là, le ciel étoilé veille sur nos tentes, posées au milieu des montagnes. Les jours suivant, Athènes se rapproche. Nous évitons les routes principales en cherchant les chemins de terre, et enfin l’apercevons, après une longue descente plongeant vers la polis, Athènes ville des résistances. Faute de plan tombé à l’eau avec warmshower, nous nous retrouvons à la nuit tombée sans abris. Nous choisissons tout de même de nous arrêter deux nuits en auberge de jeunesse. Sans regret. Nous rachetons des pneus, dégustons pitas ou tatziki et nous baladons dans les rues en compagnie de Mickael (un ancien cyclotouriste ayant fait Suisse-Tahilande en vélo et bien d’autres périples)

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Athènes!

18 février 2017
5673 km

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Dix-sept jours et quelques kilomètres plus loin, dans un ferry encore à quai, nous profitons d’une connexion internet et du calme relatif qui règne à bord pour vous donner de nos nouvelles.

Et quelles nouvelles !

Il s’en est passé des choses depuis les jours humides passés à Massa !

Bien reposé après notre escale non loin des carrières de marbre de Massa, nous reprenons la route, sous une pluie légère. Fort heureusement cela ne dure pas car dès les premières gouttes le moral des troupes chute dangereusement, se rappelant des jours précédant la pause. Mais même avec le soleil la route est loin d’être merveilleuse : beaucoup de circulation, des déchets, des débris de seringues et des revues douteuses pavent les bas-cotés. Fixer l’horizon est bien plus agréable, surtout lorsque Pise se dresse devant nous aux alentours de midi. Pise et sa jolie tour incroyablement penchée, Pise et ses cars de touristes prenant tous la même photo, ‘‘appuyé’’ contre la tour. Pise que nous laissons derrière nous pour continuer vers le sud et le soleil. Nous faisons au passage un petit coucou à un dauphin, perdu loin dans les terres après avoir remonté la rivière. Pas de photo hélas, mais plein de bonnes pensées et d’espoir qu’il retrouve le chemin d’un environnement plus accueillant que cette rivière un peu trop grise.

La nuit nous offre un spectacle magnifique mais un peu impressionnant. Le ciel, jusqu’alors gris mais pas trop menaçant, décide d’éclater. Il se perce avec fracas et se vide juste au dessus de nos têtes. Un gros orage doublé d’une pluie drue lorsqu’on dort sous tente, ça laisse toujours des souvenirs impressionnants !

La route vers le sud se poursuit, une pinède par ci, une nuit en bord de mer par là. Toujours non loin de la côte, il y a beaucoup de grandes lignes droites, quelques chemins hasardeux pour corser un peu le périple et des villes pour titiller légèrement nos nerfs.

Pour éviter d’arriver à Rome par la côte et par ses zones industrielles, nous rentrons dans les terres un peu plus au nord. Il pleut, ça monte, c’est une des pires fins de journée que nous ayons eu. Mais comme nous sommes chanceux, le jour se lève avec un grand soleil pour accompagner nos premiers coups de pédale dans les collines italiennes. De beaux villages, un vestige de tombeau étrusque (comprenez un trou dans la roche taillé en baignoire approximative), la route est belle, plus belle que ces derniers jours et ça met du baume au cœur. Rechargeons les batteries, au propre comme au figuré ! Pour le soir, nous demandons à un petit papy la permission de camper sur le terrain juste à coté de chez lui. Il n’a pas compris la question, nous n’avons pas compris la réponse, nous nous sommes donc installés sur ledit terrain, tout contents de nos progrès en italien !

(Pas de photos pour cette partie, nos batteries étaient à plat)

Car il nous faut des forces, l’étape d’après, c’est la traversée de Rome. Le plan, c’est de camper un peu avant pour pouvoir traverser la ville en un jour, la visiter un peu, et en ressortir pour trouver sans trop de difficulté un endroit pour le soir suivant. Et ça marche !

Une longue route nous emmène jusqu’au bord du Tibre où nous retrouvons la piste cyclable qui doit nous permettre de traverser la ville sans encombre (ladite piste cyclable étant sacrément encaissée, on va quand même galérer un peu pour visiter…).

Malgré notre peur de rester coincés en ville pour la nuit, nous prenons le temps de passer devant tout plein de grands bâtiments, plus ou moins bien conservés, plus ou moins intéressants. Le Colisée fait bien sur parti de la liste !

Une petite pause s’impose pour remercier Michel, qui nous a offert un bon et sympathique restaurant ! Chez Maestro Donato, on mange bien et on rigole beaucoup ! Pâtes, pizza et tiramisu à la pistache : voilà un repas typique et haut en couleurs qui est venu rehausser l’éclat de cette journée romaine.

La sortie de Rome fut fatigante, l’environnement de camping peu accueillant, mais nous nous y étions préparés.

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Les bords de route italiens ressemblent parfois à de véritables décharges.

Notre grand ami vent est venu nous faire la bise le lendemain midi. Nous roulons à peine l’après midi (il faut dire que le tarot peut repousser le départ de façon assez considérable). Mais nous continuons, empruntant des routes soit-disant fermées (avec un peu de détermination, rien n’est jamais fermé ! Et puis au moins, les voitures ne nous ont pas dérangés…).

La journée suivante est des plus magnifiques. Un paysage presque montagneux, des petites vallées verdoyantes, de la mozzarella di buffala fraîche pour le midi et le soleil qui est au rendez-vous, que demander de plus ? Le crépuscule donne même à certains l’envie de redécorer le campement. Bêtes sauvages, gare à vous !

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La journée précédente était belle ? Oubliez tout, celle-ci l’est bien plus encore. Une belle cote dès le matin, quelques descentes, une route qui monte sur un ancien volcan recouvert d’une forêt de châtaigniers, rien que la matinée faisait de cette journée un pur régal. Alors que dire de la pause de midi juste après le marché de Teano ? On rencontre des cyclistes, on prend quelques photos, on goutte des gâteaux et du saucisson pays (avant d’en acheter pour le repas). Un verdoyant champ d’oliviers, un de plus !, nous accueille pour un repas de midi en compagnie d’un soleil doux. Puis nous reprenons la route, car il nous reste un certain nombre de kilomètres à faire avant la nuit, et nous sommes attendus !

C’est en effet ce soir que nous arrivons à Sant’Agatha de Gotie, chez Ciro, à la ‘‘RuCasa 11.30’’ (l’histoire viendra plus tard, dans l’article que nous vous préparons). Forcément nous n’y sommes pas allés directement, nous nous sommes perdus en route et une gentille italienne nous a guidés jusqu’à ladite maison en voiture.

Pas question de s’étendre sur ces quelques jours, optons plutôt pour une ellipse. Mais voici quelques photos pour vous donner un avant-goût, avec en prime le mandala fait par Mona dans la montée d’escaliers !

Tout heureux mais fourbus par ces quelques jours de travail, nous faisons nos adieux à Katarina a et Ciro, Antonio et Maria, et nous prenons la route vers l’est, vers la côte adriatique. Nous avons pour projet de faire un peu de randonnée avant de quitter l’Italie, puisque notre second workaway ne se concrétise pas. Cap donc sur Benevento, où nous croisons un cycliste militant pour l’accès de sa ville pour les cyclistes, l’occasion de prendre une nouvelle photo. Nous remplaçons un pneu arrière un peu trop usé et repartons avec quatre belles gourdes offertes par le vendeur !

Les trois jours suivants sont des jours de performance, où nous enchaînons les kilomètres sans les sentir (grâce à nos belles jambes, mais aussi grâce au vent, qui nous pousse gentiment dans le dos). Les jambes battent d’abord dans les collines, où les nuits à 800 mètres d’altitude apportent leur lot de froidure. Nous y faisons de charmantes rencontres en nous faisans offrir à l’occasion d’une pause de midi boissons et confiture de coing. Deux italiens vraiment sympa, coup sur coup, qui viennent nous voir pour nous parler et nous proposer un café ou quelque chose à manger !

Nous pédalons entre des éoliennes, des grosses, des petites, avec une pale, deux pales et parfois même trois. Et pour avoir dormi non loin, ce n’est pas si bruyant, il faut juste bien choisir le modèle auprès duquel monter la tente.

Le lendemain, c’est ligne droite. Une grande bonne ligne droite avec le vent de dos. On roule a 25/30 km/h sans avoir besoin de forcer. Et même si cela peut sembler un peu monotone par moment, c’est agréable de pouvoir laisser ses jambes battre la cadence sans se poser de question et de sentir son vélo foncer vers la cote.

Nous rejoignons Bari sous un ciel mitigé, adieu projets de randonnée, le relief ne s’y prêtait pas vraiment (par contre il paraît qu’en Albanie et en Grèce il y a de fort jolis monts…), direction le port pour prendre nos billets.

Le départ pour l’Albanie est prévu pour 22h, ce qui nous laisse le temps de savourer une dernière pizza et une glace artisanale. Base tomate, quatre fromages, glace arachide, pistache, café ou vanille cannelle, encore un très grand merci à Michel de nous avoir offert tout cela !

Les instants précédant l’embarquement sont assez variés. Nous nous sentons assez mal à l’aise quand une française renvoie assez violemment un migrant qui vendait ses cannes à selfies et ses gadgets électroniques. Gros moment de silence. Mais l’instant d’après nous nous payons une bonne tranche de rire lorsqu’Elise se retrouve bloquée au contrôle des passeports parce que le douanier ne reconnaît pas sa photo ! Incident juste assez long pour n’être que drôle, nous faisons vite route vers l’AF Francesca.

Le ferry tarde à partir, l’ambiance est assez bruyante, la journée de demain ne sera pas des plus énergiques.

Aux alentours de minuit, alors que les paupières se ferment, il est temps de s’abandonner au doux ronron du moteur et aux vibrations métalliques qui se propagent autour de nous.

Arrivederci Italie, et à bientôt pour de nouvelles aventures !

Mais avant de se quitter, laissez nous vous présenter un passager clandestin que nous emmenons avec nous le long de la route.

Cette charmante petite chèvre est originaire de Tournon sur Rhône,  une petite ville fort sympathique où se trouve La Boîte A Gromolls (et ici le facebook). De cette maroquinerie sentant l’Ardèche et le cuir s’est échappée Mééé (c’est son petit nom). Dès qu’elle a eu connaissance de notre projet, elle a sauté dans nos bagages.

Mais Mééé est timide, elle rechigne à montrer le bout de ses cornes. Trop humide, trop chaud, trop endormie au fond d’une sacoche, elle trouve toujours une bonne excuse ! Voici donc quelques moments où elle a daigné se montrer. Restez attentifs, elle apparaîtra sûrement par la suite !


1er février 2017
4648 km

De longues journées et deux frontières nous séparent maintenant de notre dernier journal de bord. Tâchons de remonter ensembles le fils de nos souvenirs pour retracer notre route.

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La première frontière que nous passons a encore des notes de soleil et d’Espagne. Mais plus les Pyrénées se rapprochent plus le vent se lève. Un vent mesquin et puissant, fait de bourrasques imprévisibles qui nous poussent comme des fétus de paille. Un vent qui nous déséquilibre, jetant certains d’entre nous au sol. Un vent qui fait de chaque instant un combat, une lutte pour gagner, lentement, quelques mètres supplémentaires. A tous ceux qui ne l’ont pas encore lu, je vous conseille de lire La Horde du Contrevent, d’Alain Damasio. Cette histoire magnifique résonne en nous à chaque coup de pédale pendant ces grandes lignes droites, quand nous nous organisons pour que l’un d’entre nous fasse écran de son corps. Nous passons la frontière en fin de journée et prenons la direction de Banyuls-sur-mer après avoir croisé un couple de cyclotouristes écossais (L’élément principal de leur paquetage? La bouteille de rouge français à boire après une dure journée d’efforts !).

Il fait nuit, il fait froid et nous nous réfugions à Carrefour pour faire les courses du soir et grappiller un peu de chaleur. Le moral est faiblichon à l’idée de passer la nuit sous la tente, quand notre ange gardien frappe encore : Mona explique notre projet à un banyulenc qui nous propose un hébergement pour la nuit. Merci Odile, merci Claude ! Merci mille fois pour cette maison chaude et confortable ! 

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Ce sommeil de qualité nous est fort utile puisque notre grand ami le vent nous attend sur le pas de la porte. Il nous accompagne toute la journée, nous frappe le front de ses doigts glacés, nous fait frémir pendant nos brèves pauses et nous empêche d’avancer. Il est là au Bacarès, où nous traversons, un peu dépités, le marché de Noël (« L’événement le plus féerique du Sud de la France! »). Il est là le long des étangs de Leucate. Il est là de jour comme de nuit.

Et comme nous aimons les défis, nous choisissons de couper au plus court, enchaînant les chemins de terre au beau milieu des étangs et les pistes de cailloux en bord de mer. La progression est lente mais les vues magnifiques. Le vent reste là, fidèle compagnon. 

Heureusement, il fait plutôt beau et les pistes cyclables que nous empruntons sont souvent abritées. Nous remontons le littoral en suivant ces longues lignes droites, un peu monotones, en frissonnant lorsque le crépuscule nous rattrape. 

Alors que nos doigts commencent à geler, les grands bâtiments étranges de notre prochaine halte en dur se profilent au loin : La Grande Motte est proche !

Clothilde et Julian, amis depuis les premiers jours du lycée, sont nos bienfaiteurs pour la soirée et la nuit. Ils accusent sans fléchir notre envahissante présence et nos appétits voraces. Pizzas et pains au chocolat, nous voilà ! Rien de tel qu’un peu de matière grasse pour lutter contre le froid !

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La malédiction de notre voyage, cet insatiable besoin de continuer toujours plus loin, frappe encore et nous reprenons la route vers la Provence. Nous roulons tranquillement vers Arles, rencontrons Amed, sa voiture bloquée en seconde, ses projets de danse et son vocabulaire bien particulier puis nous trouvons un champ de thym pour passer la nuit à une quarantaine de kilomètres de Miramas, notre but pour le lendemain.

Grasse matinée, tarot jusqu’à midi et intermède chasseur sont au programme pour le matin :

(Le chasseur) -Hum hum, Vous savez que c’est une propriété privée ici?

(Mona) -On joue au tarot en attendant qu’il fasse chaud. (Puis, à nous, en refermant la porte de la tente) On en fait une dernière ?

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On rejoint le camping, son bungalow chauffé (merci les parents!!) et on décompresse. C’est parti pour trois jours de pause…

De pause avez-vous dit ? 

A neuf, puis onze avec l’arrivée de Guigui et d’Alice, dans un bungalow, l’ambiance est chaleureuse mais pas de tout repos ! On mange, on parle, on joue, on mange,  on se balade, on répare, on mange, on dort, on fait des câlins, on mange… nous repartons le ventre et les sacoches bien pleins après ce bain de familles agité. 

A une quarantaine de kilomètres nous nous arrêtons de nouveau pour découvrir un lieu étonnant où Aodrenn égrenne sa magie en compagnie d’Elen. Mais ceci est une autre histoire,décrite par d’autres mains dans la section article de notre blog. 

Nous quittons la « ressourcerie d’art permacole » d’Aodrenn pour reprendre la route, jusqu’au beau village de Jouques. Et une fois encore, alors que nous remplissons notre outre, notre ange gardien frappe. Lilou, en route pour aller jouer à la contrée, nous offre son toit pour la nuit. Après une soirée de tarot nous rejoignons donc son domicile en compagnie de Christine, la patronne de Rouge Guinguette, un petit restaurant situé quelques mètres plus bas. Et encore une nuit au chaud pour l’équipe du Coup De Pédale après un repas haut en couleurs !

Puis le quotidien nous rattrape. Nous roulons sous le soleil, nous roulons sous la pluie, nous roulons de jour et parfois de nuit aussi. Nous évitons une route coupée par un éboulement et nous renouons avec Biocoop le temps d’un repas de midi en compagnie de pigeons affamés. Et nous roulons encore sur du plat, dans les côtes et les descentes. Nous roulons sur des routes de campagne et en entrée d’agglomération. Nous rejoignons enfin le littoral et suivons la mer jusqu’à Nice.

C’est une grande ville Nice, un peu trop riche pour nous peut-être. Mais au bout de Nice, il y a une jolie colline et, au sommet, un joli coin pour dormir ! (NB : S’il y a un panneau interdiction de camper, c’est qu’il y a un coin sympa pas loin. Et plus le panneau est gros, plus le coin est sympa !)

La journée suivante nous voit quitter la France après un bref passage par Monaco. Les Alpes ne sont pas loin et ça se sent ! Il y a beaucoup de relief mais nous arrivons à limiter la casse en longeant la mer. Nous passons par Ventimiglia, son marché, ses tomates séchées et ses pâtes fraîches et nous retrouvons d’agréables portions de piste cyclable le long de la mer.

La journée suivante marque pour nous le début de la débâcle. Oubliées les jolies falaises de la matinée, oublié le délicieux chocolat chaud italien, seules restent l’approche de nuit, sous la pluie, de la grande ville de Savona et les deux crevaisons qui vont avec. Ce n’est hélas que le début d’une longue série de pneus poreux, de crevaisons, de poses de rustines et de changements de chambres à air. Mis à part le passage à Gènes, sous le soleil, le reste du trajet s’effectue avec les surchaussures et le pantalon de pluie avec une palme d’or à la dernière demie-journée et ses soixante kilomètres de route sous une pluie battante.

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Nous sommes arrivés à Massa, d’où nous écrivons cette mise à jour du journal de bord. Un grand merci à la fille de la grand-mère du copain de la sœur de Marin pour cet hébergement qui arrive vraiment à point nommé ! Opération séchage et lessive réussie, nous voilà prêts à reprendre la route pour le sud de l’Italie, vers notre prochain Workaway !


18 janvier 2017
3827 km

Après notre passage à Séville la route continue de défiler sous nos roues. L’Andalousie et ses collines d’orangers et d’oliviers nous emmène jusqu’à Ronda. 

Cette nuit là nous sommes épuisés par les kilomètres et les côtes mais nous sommes chaleureusement accueillis par Amélie, française rencontrée à l’auberge de jeunesse de Séville. Installée à Ronda, elle a quitté Paris pour une nouvelle vie en Andalousie et se lancer dans le tourisme de sport nature. Elle nous emmène le long des sentiers jusqu’à l’auberge en bas du canyon où elle a travaillé lorsqu’elle est arrivée avec son sac à dos pour la première fois. Le hasard fait bien des choses car nous retrouvons la mère et la fille, à qui nous avions demandé notre route le soir d’avant. L’auberge est donc tenue par toute la famille. Elle se tient secrètement sous les grandes falaises qui soutiennent la ville, et nous offre la meilleur vue du canyon en prime de l’accueil souriant de Rapha qui nous renseigne sur les bons plans du coin. Nous visitons avec notre super guide les jolies ruelles, dégustons les meilleurs tapas et finalement quittons Amélie avec regret pour tracer la route.

Enfin, après s’être fait les mollets sur les chemins caillouteux, quelque part dans le fin fond d’une vallée verdoyante, nous apercevons quelques jolies maisonnées et une petite yourte entre les arbres.  Floreal et Paquita et sa fille nous accueillent.  Nous ferons une halte de quelques jours chez nos sympathiques hôtes, histoire d’en apprendre un peu plus sur leur projet et surtout de passer un chouette moment d’échange dans le jardin, à table ou entre les caisses de légumes. Nous dépassons notre dose quotidienne de fruits,   drogués à la mangue, l’orange ou l’avocat du jardin des merveilles et assaillons un peu trop nos hôtes de toutes nos questions existentielles.  Un super article est en cours!

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Après cela, le vélo nous appelle à nouveau pour rejoindre Malaga où le bus nous attend. Le choix fut sujet de débat mais il nous a paru le plus juste. Si nous souhaitons pédaler de l’autre côté de l’Europe il nous faut écourter l’Espagne, c’est pourquoi nous démontons nos vélos pour les laisser une journée dans la soute du bus Malaga-Barcelone. Abattus par le voyage c’est avec une grande joie que nous les remontons dans le froid, à 3h du matin, dans la gare routière, finissons la nuit quelque part puis décidons d’assister au spectacle du lever de soleil à la plage. Ce jour là, après un pique nique au parc Güell, les yeux encore embrumés de fatigue, nous quittons Barcelone pour nos derniers jours sur le sol Espagnol. Toujours armés de nos tentes, nous trouvons, avec ou sans nos lampes, des morceaux de nature pour bivouaquer paisiblement et repartons vers la frontière française.


1 janvier 2017 – Jour 54
3122 km

Bonne année !

Nous profitons d’une charmante et luxueuse auberge de jeunesse à Séville pour rattraper un peu notre retard sur le carnet de bord.

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Sesimbra nous a retenu une demie journée au matin du 24, juste après que nous ayons fait nos adieux à la familia Blandin. Un départ tardif pour une reprise progressive, les petits sentiers côtiers du parc national d’Arràbida subissent nos coups de pédales un peu rouillés par cette longue pause.

Après un repas et une nuit dans une jolie forêt de chêne-lièges,  nous entamons la journée du 25, célébrant à la fois la naissance d’El Nino et celle d’El Marin. Et oui, au Portugal, le 25 Décembre, les gens ne travaillent pas ! Nos repas sont donc un peu simples et parfois longs à trouver (un bar restaurant ouvert le 25 ça ne court pas les rues). Ce jour est par contre marqué par un joli petit ferry matinal au départ de Setubal et des parties de tarot acharnées au repas de midi.

Les matinées suivantes voient se lever des brumes frigorifiques assez malvenues, au grand désespoir de nos petits doigts et pieds. Tom profite d’une pause fruits secs pour faire le pitre et se vautrer avec style (qu’on se le dise, cela ne l’empêchera pas de recommencer dès que possible…) sur sur borne kilométrique glissante.

Fort heureusement tous les jours le soleil du Sud brille, et il brille fort, séchant les tentes parfois humides et tannant nos peaux. Les paysages arides se succèdent et nous passons assez vite la frontière, retournant en Espagne et entamant ainsi notre séjour Andalou.

Cap sur la côte, méditerranéenne cette fois, à la recherche de température toujours plus hautes ! Nous longeons de nouveau de vastes étendues d’eau, déjeunant sur les plages.

Nous découvront les rues sableuses d’El Rocio, ville touristique, caricature de western et foule de gens à l’apparence prétentieuse du haut de leurs beaux chevaux bien brossés. Ville tout de même magnifique, bordée d’une sorte de petit marécage fort joli et de parcs naturels.

Le 31 approchant, nous faisons route vers Séville, bataillant avec les pistes cyclables, les chemins passant au travers des fincas, les grosses voies rapides imprévues (et imprévisibles)… et les ponts submergés !

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Un cycliste espagnol, Manuel, devient notre sauveur en nous guidant à travers la ville jusqu’à Triana Backpackers, une auberge de jeunesse tombant à point nommée. Après un moment d’hésitation, nous y prenons des lits et commençons à croiser d’autres jeunes venus fêter le nouvel an à Séville..

On en profite aussi pour visiter un peu, et c’est encore une belle surprise : la vieille ville, mélange de constructions chrétiennes et musulmanes, se laisse admirer avec grâce. Les rues sont pleines et le temps est doux : on badine en attendant la soirée du nouvel an.

Mais avant la soirée, nous allons à la rencontre d’Anthony, un autre cyclotouriste dont le but est de partir à la découverte de toutes les capitales européennes. Après un moment passé avec toute sa famille venue passer le Nouvel An avec lui, nous rejoignons l’agitation de l’auberge, où tout le monde se prépare à manger ses grains de raisin au son des cloches de minuit. Deux Tchèques nous tiennent compagnie. On parle de grimpe et de voyages, on écoute les Portugais de la table voisine envoyer message sur message à leurs compatriotes restés au pays. Deux parties de tarot plus tard, nos lits nous ouvrent leurs bras pour quelques heures, avant que notre voisin de chambre ne décide de jouer à la locomotive…

Du soleil pour un repas de midi sur le toit de l’auberge, que demander de plus !

Un dernier passage sur la Plaza de España et nous partons en direction de la finca de Floréal, notre prochaine pause.

A bientôt pour de nouvelles aventures !

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22 décembre 2016 – Jour 45
2648 km

Bom Dia! Ces derniers jours ont été une avancée rapide dans le parcours.

Après avoir quitté la Semilla, notre dernier lieu de workaway (article en cours ici), nous sommes donc partis rejoindre la côte direction le Portugal et Lisbonne. Le soleil était avec nous pour traverser Vigo où nous avons rencontré  un courageux cycliste livreur activiste récolteur de photos de voyageurs à vélo (pour convaincre la mairie d’améliorer ses routes). Puis la pluie s’est invitée sauvagement juste avant notre passage au Portugal, noyant la côte noire d’une averse froide. Par chance, une vieille maisonnée abandonnée nous a accueilli cette nuit là entre les gouttes d’eau et les courants d’air.

Le lendemain, première crevaison, arrivée au Portugal et coin sympa pour la nuit, entre les dunes perdues. Nous avons laissé une heure de décalage de côté, histoire de garder notre rythme à la française (des réveils aux étoiles). Dans notre continuité, une jolie traversée de Porto, ville colorée et animée, routes cabossées aux pavés. De kilomètres en kilomètres, jusqu’à la nuit tombée nous roulons pour enfin nous poser dans la pinède sombre, le long du lagon d’Aveiro.

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Porto !

Grand soleil, slack et pique nique sur un lieu sacré avec herbe fraîche pour la journée suivante. Ce jour ci notre itinéraire s’est un peu modifié pour partir en direction de Quiaios pour éviter la grande ville avant la nuit. Mais nous décidons que de toute façon nous allons monter la tente en pleine nuit donc il n’y a pas de raison pour ne pas s’arrêter à la terrasse d’un bar. Coup de chance, deux roots allemands, longeant la côte à pied suite à une panne de camion, ont eu la même idée, alors pourquoi ne pas partager la table.

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Au petit matin nous prenons avec hésitation un chemin cabossé longeant de prés la côte un peu effritée par les vagues. La route continue traversant des petits villages, ponctuée de vendeurs de fruits et légumes, donnant petit à petit une saveur d’un sud inconnu au voyage.

Le paysage change bientôt pour laisser place à une belle (et agréable) longue piste cyclable droite et plate (première que nous pédalons sur du plat pour toute une journée). Tom et Marin trouvent comme toujours de quoi s’accrocher ou escalader sur la route.

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Journée suivante: nous traçons (vraiment) sur Lisbonne. Quelques rencontres avec des villageois nous arrêtent, comme celle avec un vieux couple parlant français et nous racontent leur passage en France. Puis le Graal, Lisbonne arrive. La nuit et les grandes routes fourmillantes de voitures nous empêchent d’apprécier vraiment cette arrivée mais comme dis précédemment le Graal, c’est à dire la famille Blandin qui nous attend aux portes d’un joli petit appartement. Nous sommes plus que chaleureusement accueillis et invités à partager nos jours suivants en leur compagnie.

Balade et repos, dégustations de spécialités puis un peu de vélo pour rejoindre, un jour plus tard, une sympathique ville en bord de mer, Sesimbra,  et un noël en avance en perspective avec la famille Blandin!


14 décembre 2016 – Jour 37
1973km

Santiago de Compostela est passé, nous n’entendrons plus les « ¡Buen camino ! » qui ponctuaient nos journées depuis une petite quinzaine de jours. Il faut bien dire que si le chemin côtier de Saint-Jacques de Compostelle est magnifique, tout comme la région qui l’entoure, nous n’avons pas été époustouflés par la cathédrale ou par la ville en elle même.

Bon, ça a quand même de l’allure, y’a pas à dire !

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La vieille ville est également très jolie et nous flânons un court moment avant de partir en direction du sud, tout en attendant la réponse de deux Workaways (Travail contre l’hébergement et la nourriture) qui pourraient nous héberger en Galice. Le soleil est encore bien présent mais on monte un peu en altitude et l’air se rafraîchit au cours de la journée … Nous optons finalement pour le workaway le plus proche. Le GPS nous aide à trouver Tomonde, et les indications de notre potentiel hôte nous permettent de trouver son petit coin de paradis, perdu au bout d’une route sinueuse.

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Chez Morgan

Morgan, beau gosse quarantenaire à la barbe poivre et sel, est un peu surpris de nous voir mais nous rassure aussitôt en nous proposant un coin où installer notre tente… Vous aurez plus de détails sur les trois jours que nous avons pu passer chez lui dans cet article !

Nous repartons en regrettant déjà les bons petits plats internationaux de Morgan, mais les belles et petites routes du pays nous permettent de nous défouler les jambes tout en appréciant le paysage. Après à peine dix kilomètres, nous nous arrêtons pour profiter du soleil et du casse-croûte préparé par nos soins : l’autonomie a quand même du bon !

Nous arrivons à Aguasantas assez tôt, et notre seconde workaway vient nous accueillir pour nous présenter la Semilla, une association permettant de tisser du lien entre les habitants des différents petits villages de cette région. Ici encore, un article est en cours d’écriture pour vous en dire plus ! Cependant, nous pouvons quand même relever qu’ici encore, les rencontres furent nombreuses et très riches, particulièrement savoureuses dans un coin si reculé de la Galice.

Demain matin, de bonne heure (du moins nous l’espérons au moment d’écrire ces lignes), nous repartirons sur les routes avec l’objectif d’atteindre Lisbonne au plus tôt, afin de passer un moment avec la famille d’Elise. Nos jambes et notre moral sont au plus haut niveau, un sentiment partagé qui nous pousse à nous remettre à pédaler…


6 décembre 2016 – Jour 29
1759km

Nous ne sommes pas morts !

Nous nous excusons auprès de notre très cher lectorat pour ce manque criant de nouvelles, mais les conditions ont joué en notre (dé)faveur.

Nous avons, comme prévu, passé la frontière espagnole en longeant la côte Basque il y a maintenant une quinzaine de jours. Mais depuis, nous n’avons eu (presque) aucun moment de battement durant lequel nous aurions pu avoir un accès à la technologie.

Comme nous écrivons depuis l’intérieur d’un bar Espagnol dans le petit village de Friol, cette mise à jour ne sera pas non plus exhaustive, mais voici un aperçu de ces derniers jours.

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Après avoir quitté Bayonne et dit au revoir à nos Basques préférés, nous avons pris la route de l’Espagne sous la pluie, avec un manque d’entrain et de patins de freins criant.

Pas besoin de dessin, la côte Basque sous la pluie, ça ne plaisante pas… Après une grosse soixantaine de kilomètres sans l’ombre d’une éclaircie et n’ayant pas trouvé d’autre route qu’une GI (sorte de voie rapide Espagnol) très fréquentée, nous nous posons dans un bar dont le gérant, pas le moins du monde effrayé par notre apparence ruisselante, nous a ouvert la porte. Si le but était de faire une courte pause pour atteindre San Sebastian au plus vite, la motivation pour repartir a manqué et l’après midi était déjà bien avancée lorsque nous avons finalement réussi à sortir, sans réel plan pour le coucher du soir.

Après avoir tourné un moment autour du centre ville de Pasaia, cherché un coin où poser nos tentes et avoir demandé à deux policiers si c’était légal de le faire en ville (qui ne tente rien …), nous sommes dirigé vers une auberge de jeunesse un peu plus loin sur la route.

Lorsque nous atteignons le panneau l’indiquant, il fait déjà nuit et une jeune fille nous confirme que l’auberge de jeunesse est au sommet d’une colline … Nous continuons à croire à une douche chaude durant toute la montée (plutôt longue), mais une fois arrivé, nous devons nous y résoudre : tout est fermé et il est bien trop tard pour chercher quelque chose d’autre.

Nos estomacs affamés nous dictant la soirée, nous mangeons devant l’auberge close, profitant des lumières et des tables. Et après une nuit sous tente dans les bosquets avoisinants, nous petit déjeunons au même endroit, devant les ouvriers venus finir de construire les bungalows. Le soleil est au rendez-vous, révélant la baie de San Sebastian, magnifique au petit matin. Les beaux jours espagnols étaient arrivés, pour ne plus nous quitter.

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Devant la baie de San Sebastian

Nous découvrons les marchés Espagnols, pas si différents des nôtres … A part pour le fromage, pour notre plus grande tristesse. Il est local mais pas forcément très goûtu !

Nous pédalons jusqu’à Zestoa, un charmant petit village où travaille Thomas, un ami Irlandais d’Elise, rencontré en Pays de Galles, en Erasmus. Une magnifique surprise.

Thomas travaille dans une ferme pédagogique, où il s’occupe des bêtes et donne des cours d’équitation. Ladite ferme se situe au fond d’un magnifique vallon de verdure et de forêt, juste à coté d’un petit torrent montagnard. Une ancienne carrière servant de mur d’escalade et un four à  pizzas viennent sublimer le tout. La gentillesse de Thomas n’a eu pour tout adversaire que la qualité des pizzas que nous avons eu la chance de dévorer avec lui !

Après deux nuits passées dans ce havre, nous repartons, toujours sous le soleil, pour suivre la côte et son relief varié. Malgré de belles pentes, les jours qui suivent sont des plus agréables, ponctués de haltes camping dans des lieux bucoliques et des paysages à couper le souffle.

La pause suivante nous la faisons chez Marcos, à Villanueva de Villaescusa, un charmant petit village, heureusement pas si montagnard que ça (la journée fut plutôt longue, pour ne pas parler des erreurs de parcours de certains échappés du groupe).

Ici encore l’accueil nous dépasse et malgré les mises en garde d’Elise, nous voilà submergés d’attentions : en arrivant au bar familial, chez Marcos et ses parents, chez sa grand mère, véritable pilier autour duquel les autres membres de la famille articulent leurs vies…

Surprise après surprise, Marcos nous emmène dès le lever du lit en haut de la montagne. Nos gémissements et nos plaintes se taisent une fois le col passé. Qui aurait pu deviner que derrière se trouvait un parc animalier, un des plus grands d’Europe !

Zèbres, lions, girafes, lynx, ours et gorilles… la liste est bien trop longue pour être exhaustive. La visite fut savoureuse, peut-être plus encore du fait que nous nous étions infiltrés par les chemins des braconniers… L’après- midi, plus citadine, nous permet de découvrir Santander, son palais royal et ses petits bars étudiants.

Après un fantastique repas chez les parents de Marcos, une coupe à blanc dans le patrimoine chevelu de la moitié de l’équipe et une deuxième nuit chez la grand mère, la route nous aspire de nouveau, toujours sur la côte, le long du chemin des pèlerins.

Détailler chaque jour, comme nous l’avons presque fait jusqu’à présent, devient long et fastidieux. Cela perd aussi son sens pour nous, surtout lorsque nous enchaînons les jours de vélos et les bivouacs, comme nous l’avons fait ces derniers jours. Ne vous formalisez donc pas si le récit devient un peu plus lent, un peu moins fourni.

Nous longeons donc la côte quelques jours, rencontrant le sable à l’occasion d’une pause déjeuner. Sur notre gauche, au sud, Los Picos de Europa nous guettent et nous rappellent que les montagnes ne sont vraiment pas loin, qu’elles nous attendent de pied ferme.

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Des marais, des bras de mer, des falaises, l’océan ne nous lâche pas, jusqu’à ce que nous bifurquions pour prendre la direction de Saint Jacques de Compostelle.

Et aujourd’hui, après un mois de voyage, nous prenons notre première journée de pause complète, à buller au soleil, à jouer au tarot et au Mah-jong et bien sûr à manger ! La petite rivière bordant le campement nous permet, malgré les gelées matinales un brin de « baignade » et de toilette. Nos pieds frigorifiés nous maudissent encore !

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21 novembre 2016 – Jour 14

Que de choses à dire… Si la routine commence à doucement s’installer lors de nos journées sur la route et que chacun prend son rythme de pédalage, on reste pantois devant la richesse des lieux et surtout des rencontres que l’on peut faire avec tant de facilités.

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Les préoccupations des cyclistes au long court

À la suite de notre passage à Albi, on a repris la route sous le soleil qui, apparemment, a décidé de nous soutenir dans nos efforts. On en a bien besoin pour franchir les espaces vallonnés qui annoncent la proximité des Pyrénées, et c’est sur le sommet d’une petite colline que l’on décide de chercher un endroit où dormir. À la surprise générale, on tombe sur un coin idyllique, éclairé par la brune dans laquelle on monte paisiblement les tentes.

Le lendemain, on repart en direction de Montauban, où l’on fait une razzia de pain complet et au maïs avant de retrouver la voie cyclable qui longe le canal du Midi. Elle est fort agréable, avec peu de dénivelé et un calme bien appréciable après ces nombreux kilomètres de départementale. On rencontre également « Pancho » : retraité, cycliste et amateur régulier de bons Médocs, il nous redonne le sourire en fin de journée grâce à sa bonne humeur et à ses encouragements.

On se fait finalement attraper par la nuit et on se décide de dormir sur le bord du canal, à quelques mètres la piste cyclable.

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Le canal du Midi remontant vers Bordeaux, nous sommes obligés de le quitter après Agen. Nous trouvons cette ville peu engageante et on ne s’y arrête pas longtemps … La bonne surprise se trouve un peu plus loin, dans le village de Nérac : le centre est bien plus charmant, et on profite un peu de la vue avant de repartir pour trouver un coin où dormir.

Un peu au hasard, on se décide pour un hameau aux alentours de Mezin et on va toquer à la porte de la dernière maison au bout de la route. On rencontre alors Christiane et son mari, qui sont de prime abord un peu perplexes à l’idée de nous laisser monter des tentes dans leur jardin, mais qui finalement nous invitent à prendre une douche et un petit déjeuner chez eux. Au menu du souper : de la soupe, justement, et un énorme pain un peu sec offert par un boulanger du coin qui a aussitôt disparu dans nos popotes (le pain, pas le boulanger).

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Grâce à cet accueil inattendu, on repart du bon pied en direction d’Aire-sur-l’Adour. En début de journée, on s’arrête dans un petit magasin et le vendeur nous conseille un itinéraire différent de celui prévu : on fait donc un petit crochet pour passer par Notre-Dame des Cyclistes, et on finit par manger à Labastide d’Armagnac, sans avoir cependant l’occasion de goûter à un de leur bon crus. Le centre entourant ladite Bastide est très bien conservé et entretenu, et si il n’y’a pas grand monde en journée, on a quand même l’occasion de parler avec trois locaux qui viennent nous expliquer un peu l’histoire de la région … et leur amour pour le bon Armagnac.

Mais les bonnes surprises ne sont pas finies puisque l’on trouve, à un demi kilomètre de la sortie de Labastide, un petit chemin forestier destiné aux chevaux et aux vélos. Il nous amène jusqu’à Villeneuve-sur-Marsan sur plus de vingt kilomètres, avec un soleil tout simplement sublime.

On finit la journée autour d’Aire-sur-l’Adour, dans un champ quand même un peu perdu entre une nationale et une autoroute… Ce n’est pas toujours possible de trouver la perle rare locale !

Le lendemain, l’arrivée au village Emmaüs de Lescar-Pau se fait aux alentours de midi. L’accueil est détonnant et on mange directement avec les compagnons et les bénévoles au réfectoire. Plus de détails sur notre petit séjour dans ce lieu clé de l’alternatif en France dans notre article à venir, mais un énorme merci à Germain, Marzena, Pascal, Nadia, Yohan, Alain, Adrien, Ellie, Valentin, Camilla et tous les autres compagnons pour leurs explications patientes et leur bonne humeur.

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L’une des nombreuses créations du village Emmaüs Lescar-Pau

Après ce court séjour fort en échanges, informations, émotions, notre route se poursuit en direction de Bayonne. Dans le centre de Pau, mais aussi souvent ailleurs, on nous alpague et nous questionne.
« Donc vous avez trois gourdes, une pour l’eau, une pour le ricard, une pour le whisky, c’est ça?! »
L’étendage à linge-porte panneau solaire fait fureur. Aujourd’hui on se fera offrir du poulet et des frites parce que le vendeur le trouvait génial : « Je vais mettre le même sur ma voiture ! »

Le soir sous la pluie nous nous sommes résolus à toquer à une porte dans l’espoir qu’on nous prête un bout de jardin pour planter la tente. René nous ouvre et nous invite à entrer. La chance nous a encore souri ce soir : il est 18h, c’est l’heure de l’apéro et on se retrouve en deux temps trois mouvements sur le canapé à discuter avec ce grand voyageur, sa sœur et un de ses copains. Nous passerons la nuit réchauffés par les verres partagés, et au sec !

Il nous reste encore soixante dix kilomètres à effectuer avant d’arriver à Bayonne, mais ils sont rapidement avalés. Arrivés en ville, on doit attendre Marin, qui a oublié sa sacoche dans un local fermé d’Emmaüs et qui prend donc le train pour nous rattraper… On en profite pour chercher un endroit ou dormir (décidément, on ne fait que ça !).

Après plusieurs appels passés aux contacts que l’on s’est fait à Emmaüs, on nous rappelle en nous disant qu’un local est disponible si on veut y dormir. On accepte avec grand plaisir et on rencontre Barth, qui nous accueil chaleureusement avant de partir à une réunion du mouvement Bizi !. Ce dernier, investigateur du premier Alternatiba, se bat pour une prise de conscience des dérèglements climatiques en cours : on est encore tombé au bon endroit.

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Notre arrivée à Bayonne ! Merci à Barth et à Bizi ! pour l’accueil et le partage d’idées

La soirée est pluvieuse et on profite de cette pause pour discuter avec notre hôte des actions qu’il mène, pour aller visiter l’un des plus grands atelier associatif de réparation vélo de France (500mparfaitement organisés, les photos sont à venir !) et pour boire un verre avec d’autres bénévoles de Bizi !.

Le réveil est un peu difficile et Mona est inspirée, ce qui donne un peu près ça :

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Elise est croquée sur le vif par Mona au réveil, lors d’une petite discussion un peu trop matinale pour elle !

On rigole bien et on continue à travailler sur les articles et le journal de bord … Mais demain il faudra bien repartir, et nous devrions passer la frontière Espagnole très rapidement !


14 novembre 2016 – Jour 7

Nous écrivons depuis la place Sainte Cécile, à deux pas de l’imposante cathédrale d’Albi. Les hauts plateaux, c’est fini ! Et le soleil est revenu.

On peut donc vous mettre les photos des Estables, où l’accueil par Lucie et Joël a été vital quand on voit la quantité de neige tombée dans la nuit … Encore un grand merci si vous lisez ces lignes.

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La neige tombée dans la nuit de mercredi aux Estables (1344m)

La descente vers Langogne a été plutôt rapide, avec des passages ensoleillés et une température en constante progression … Après une discussion fort intéressante avec le boulanger de Langogne, aussi exaspéré que nous de voir Trump élu, on s’est dirigé vers le lac de Naussac pour y passer la nuit.

Après une nuit un peu humide, on se remet en route vers Mende, prochaine grosse ville. On est obligé de prendre un bout de nationale, environ une vingtaine de kilomètres sous la pluie … On ne s’arrête pas bien longtemps et on avale presque 70 kilomètres dans la journée, malgré l’imposante montée depuis Balsièges jusqu’aux portes de la vallée du Tarn.

Une seconde nuit sous la pluie se profile, mais on réussit à se faire un campement grâce à notre bâche de chantier à faire la cuisine au sec. Trop préoccupés à ne rien mouiller et éreintés par les kilomètres, on en oublie même de faire des photos.

Le réveil au sommet de la vallée du Tarn, au dessus de Saint-Enimie, est un peu difficile … Heureusement le soleil sors doucement des nuages et c’est en sa compagnie que l’on descend les gorges, qui sont tout simplement magnifiques en cette saison. L’eau est trop froide pour pouvoir s’y baigner, mais on réussit quand même à se laver sommairement.

Le moral est au beau fixe et on atteint rapidement Millau, où on trouve avec joie une douche chaude et un lit chez Catherine. Merci pour l’accueil !

On décide de prendre notre samedi et de se poser au bord du Tarn pour détendre un peu nos jambes endolories. Le soleil se couche tôt mais il est bien là et on a même le temps de sortir la slackline.

La route est toute tracée et on continue le long du Tarn en direction d’Albi. Aux alentours de treize heures, il commence à pleuvoir et on décide de s’arrêter demander asile dans une auberge qui se situe sur le bord de la rivière.

Pour notre bonheur, nous interrompons momentanément un apéritif qui se déroulait à l’intérieur et nous sommes accueillis par Luc et ses convives. Un échange s’installe et on se retrouve à table avec une dizaine de tapenades différentes, toutes avec un goût unique et parfaitement équilibré … Un régal offert par le gérant plus qu’accueillant de la Table d’Orphée : n’hésitez pas y faire un tour !

Le temps reste pluvieux toute la journée du dimanche, et on dort au bord du Tarn dans une ambiance humide, à une vingtaine de kilomètre d’Albi.

Le lendemain, le soleil revient et nous arrivons à Albi dans la matinée … La route continue vers Pau, d’autres nouvelles arrivent d’ici quelques jours !


9 novembre 2016 – Jour 3

Une petite mise à jour rapide pour vous tenir au courant : nous sommes bien sur la route en direction d’Albi, et nous n’avons pas choisi l’itinéraire le plus aisé mais certainement le plus beau.

Après avoir dormi sous une petite chute de neige près du col du Buisson (920m) et éprouvé notre matériel (certains ont même eu trop chaud !), nous sommes montés sur le plateau du Mezenc via Saint-Jeure-d’Andaure. Rouler à côté de la neige est décidément dépaysant.

La montée sur le plateau est particulièrement éreintante, une dizaine de kilomètre avec presque 700m de dénivelé depuis la vallée du Doux.

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La montée vers Saint-Jeure-d’Andaure
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Un des cols passés dans la journée

A midi, nous mangeons et nous nous réchauffons dans une boulangerie de Saint-Agrève, puis nous cherchons un warmshower … Et surprise, sur notre route, il y en a un !

C’est donc avec plaisir que l’on rejoint les Estables, ou Lucie et Joël sont d’un accueil des plus chaleureux. Nous passons une soirée très agréable en leur compagnie, à parler voyage et matériel vélo …

Un énorme merci à eux !

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Chez Lucie et Joël

Départ vers 9h30 ce matin, on se met en route !


7 novembre 2016 – Départ

Après un long temps d’attente pour quelques détails matériels, nous avons enfin nos quatre vélos scintillants et de belles sacoches bien remplies, prêts à affronter les intempéries de la route (hum, hum).

Ces dernières semaines nous ont tout d’abord permis de nous retrouver tous les quatre car vacants chacun à nos occupations, séparés par plusieurs milliers de kilomètres , nous n’avions pas encore eu le temps de préparer ce voyage de vive voix.

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Pour rappeler notre démarche, nous sommes quatre amis avides de voyages et de nouvelles rencontres, passionnés de sport en pleine nature et surtout motivés par l’envie d’aller voir ce qu’il se passe ailleurs avec, pour moyen de transport, nos petits vélos! Ce site sera donc un lien avec vous, histoire de palabrer un peu, de vous donner quelques nouvelles de notre aventure.

Nous avons choisi de donner une certaine teinte au projet initial, celle d’un tour d’Europe des alternatives. Alternatives? C’est un bien grand mot pour une simple envie de pédaler vous allez penser! Inspirés chacun par de nombreux témoignages, rencontres, lectures ou simplement par des questions sans réponses, nous aimerions relier à vélo différents lieux et projets alliant le local au global, le social à environnemental…tout ces gens qui bougent quoi (ça fait un moment qu’on a compris que le monde partait en vrille alors on s’est dit tiens il y a des solutions, et comment ça se passe à l’étranger?!)

Pour être plus précis, notre périple sera ponctué de pauses en mode Wwoofing (travail en échange du gîte et du couvert) dans des lieux repérés à l’avance comme des fermes en permaculture, des éco-villages ou simplement des familles ayant besoin d’un coup de main pour leur projet de maison ou jardin écologique…

Accompagné, au retour de huit mois d’aventure, d’une exposition artistique, retraçant notre expérience au travers de divers supports comme la photographie, des croquis, des témoignages audio… Enfin pour être sincère, nous ne savons pas exactement encore ce qui apparaitra mais c’est aussi pour cette raison que nous sommes impatients de nous élancer demain au petit matin, sur les premiers sentiers ardéchois.

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